Sevrage et rétablissement de la santé
La pharmacodépendance est un mécanisme de renforcement puissant de l'appétence à l'alcool et un des aspects du cercle vicieux dans lequel est pris le sujet dépendant : s'il boit, il est mal, et s'il ne boit pas, est mal aussi ! Nous prescrivons donc les médicaments nécessaires pour éviter tout incident au cours du sevrage et pour en diminuer, voire en supprimer, l'inconfort. Nous demandons au patient de rester dans l'enceinte de la clinique pendant les huit premiers jours de son séjour. Il peut s'il le désire, profiter du parc, mais il s'engage à ne pas sortir en ville pendant cette période de sevrage.
Notre établissement étant ouvert, nous n'avons pas la possibilité de prendre en charge les patients relevant d'hospitalisation sous contrainte. Toutefois, dans le cadre d'un "contrat" renégocié après ré-alcoolisation , il nous arrive de proposer au patient avec son consentement un isolement pour le protéger contre lui-même et garantir son sevrage.
Le patient peut toujours interrompre son séjour à sa demande.
En fait, nous recevons assez souvent des patients qui ont déjà fait un sevrage dans un autre établissement, en général dix à quinze jours dans un service hospitalier de médecine. Dans ce cas, nous demandons au sujet de rester cinq jours sans sortir. Nous estimons que c'est pour lui l'occasion de faire un premier geste et de donner un gage de sa motivation. Nous pouvons, le cas échéant, répertorier les désordres somatiques induits par l'abus d'alcool et proposer des mesures thérapeutiques adaptées concernant les complications, mais nous ne pouvons pas prendre en charge les complications graves qui relèvent de services spécialisés.
Le patient constatera que le simple fait de ne plus boire d'alcool améliore très vite son état physique et mental et que, le plus souvent il n'a pas besoin de prendre beaucoup de médicaments.